10/05/2006Boitillement, je t'aime[Rien que pour toi, parce que je ne suis qu'une grosse baudruche qu'on gonfle à la flatterie, et même si je crois pas du tout à ce que tu dis, un petit article]
Ca faisait quelques jours que j'avais remarqué la naissance d'une petite rougeur au niveau d'un orteil (soyons précis : en haut à gauche de l'ongle du gros orteil droit).
Et voila que ça commence à devenir bien rouge et à me faire un peu mal.
Tout d'abord, j'accuse mes chaussures.
Ces salopes,non contentes de me faire perdre mon temps en cirage intensif juste pour qu'elles aient l'air présentable (est ce que je me cire la tronche moi ? Non ! Et je suis très présentable pourtant !), vont maintenant me ruiner un panard.
Je maudis le jour où je les ai achetées (Bien sur en solde ! Tu sais combien ça gagne un stagiaire ?).
Puis, rapidement, me revient en mémoire un épisode que je compte parmi les plus douloureux de ma vie : mon ongle incarné.
AH ! Quel bonheur ce fut de sentir s'enfoncer en moi chaque jour un peu plus profondément l'ongle de mon gros orteil gauche !
Quel ravissant spectacle que celui de cet orteil oscillant entre le joli rouge de l'infection et le ravissant jaune du pus qui s'écoulait des deux crevasses creusées par mon envahissant ongle, et qui en séchant formait une petite croute jaunâtre !
Je me souviens aussi d'être passé entre les mains d'un très charmant podologue (Je lui aurais bien mis autre chose que mon pied entre les mains...) qui s'était étonné de mon calme à des moments où il pratiquait sur mon pied des soins qui avaient tendance à faire grimper ses patients au rideaux de la douleur.
Je me souviens surtout d'avoir finis entre les mains d'un chirurgien qui m'avait charchuté l'ongle, n'en laissant plus au milieu de mon orteil qu'une légère bande d'à peine cinq millimêtres.
La piqure d'anésthésiant me donna l'impression qu'on tentait d'insérer 3 litres de liquide dans mon (pourtant si petit) orteil. C'était ensuite assez bizarre de regarder cet orteil, en apparence normal, mais qui, dès que je fermait les yeux, me donnait l'impression d'être gros comme un ballon de foot.
Quand je vis le chirurgien découper mon ongle et tirer dessus de toute ses forces (et quand je dis "de toutes ses forces", c'est "de toutes ses forces" !), je ne pus toutefois que remercier la science pour cette piqure.
C'était comme s'il essayait de m'arracher la jambe rien qu'en tirant sur l'ongle.
Béni soit les anésthésiants.
La perspective de revivre ce genre de chose (quoique le podologue, je le revivrais bien...) m'enchantant au plus haut point, je fis donc ce qu'il y avait de mieux à faire face à un problême : l'ignorer.
Autruche attitude. La tête dans le trou.
Mais la réalité, cette pute, est cruelle. Et elle n'allait pas me laisser m'en tirer à si bon compte.
(Pute j'ai dit !!)
Après un week end à ne souffrir que légèrement (mais pour que je me résigne à remplacer d'élégantes chaussures noires par une paire de basket rouge alors que je suis en costume, et même si ce n'est qu'en fin de soirée, il fallait que je souffre un peu), le retour au travail fut fatal.
Et moi je fus bancal, me baladant dans l'usine en boitant comme un quasimodo des temps modernes (le quasimodo des temps modernes porte une blouse, des chaussures de sécurité, il a bac + 5 et du gel dans les cheveux).
La douleur, légère au réveil, allait en s'accroissant, et finis par me contraindre à appeler :
- tout d'abord mon docteur (RDV le lendemain à 10h, ça me fera un excuse pour ne pas aller bosser)
- puis ma mère (RDV le jour même à 17H30, j'avais une bonne excuse pour me faire ramener en voiture).
C'est avec une béquille, empruntée à mes grands parents (c'est mon grand père qui fête ses 80 ans, c'est moi qui ai une béquille, tout fout le camp) que je me pointe au cabinet de mon docteur.
Je lui explique mon cas et que je pense avoir comme un panari (l'hypothèse de l'ongle incarné me semblait finalement peu probable).
Elle me répond que ça doit plutôt être un ongle incarné (l'hypothèse de l'ongle incarné réapparait hélas probable).
A l'examen, ça ne lui en semble heureusement plus un.
Je me sens bien mieux... jusqu'à ce qu'elle envisage de couper court aux supputations pour couper tout court, et au bistouri.
Je deviens aussi blanc que mon orteil est rouge.
Je n'envisageais pas de me faire trouer aujourd'hui.
Et que je te badigeonne de bétadine (Eh oh, doucement quand tu appuies, j'ai mal moi !)...
...et que je cherche où j'ai bien pu ranger ces satanés bistouris (ça rassure toujours de voir la femme qui va vous charcuter ne plus se souvenir de l'endroit où elle range ses instrument de torture, on se sent en confiance)
...et que je me dis qu'il pourrait être bien de passer une paire de gant (ah oui, ça pourrait être une bonne idée, vraiment oui !!)...
...et que je sors mon bistouri de son emballage stérile...
...et que je m'approche de mon patient livide...
Le patient, dans un geste dicté par ce merveilleux don de la nature qu'est l'instinct de survie, recule brusquement son panard endolori à l'approche des mains gantées de latex.
Mon docteur sourit.
Moi non.
Bon promis-juré, la prochaine fois que je viens je m'achète une paire de couilles, mais en attendant, y a pas moyen d'échapper à ça ???
Allez, allez, c'est pour mon bien.
Je détourne la tête.
"Ca y est."
Hein ? Quoi ? Déjà ? Tout de suite là ?
Le temps que je tourne la tête ?
Un instant, je me sentirais presque pitoyable d'avoir été au bord de l'évanouissement pour "ça".
Ok, soyons honnête, j'ai été pitoyable.
Elle a juste enfoncé légèrement la lame du bistouri pour faire un trou et évacuer les saloperies pullulant là-dedans. Elle me dit que ça a bien giclé quand elle a percé.
Antibiotiques, anti-inflammatoires, bétadine, si ça ne s'arrange pas je reviendrais.
Et zou ! Je cours vers de nouvelles aventures.
Mais toujours en boitant.  |
| Le Ragondin est avant tout un étudiant:
"Notre béret d'étudiant fut ramené de Bologne, en juin 1888, par la délégation française d'un congrès international d'étudiants qui, jalouse de voir le chapeau façon Louis XI des étudiants Italiens et la casquette plate des étudiants Belges et Allemands, décida d'avoir une coiffe spécifique aux étudiants français.
Elle adopta le béret de velours des habitants de la région bolognaise, en souvenir du congrès qui fut, paraît-il, magnifique."
Le Ragondin a fait plusieurs années de théatre.
Il a notamment découvert un fort joli texte dont il vous livrera des morceaux choisis dans son glob:
Chroniques
des jours entiers,
des nuits entières
de Xavier Durringer
Chroniques...
ou des petits bouts de texte, des monologues, des pensées, parfois des dialogues, sans jamais tomber dans la facilité du montage.
Des confrontations pour les acteurs; des histoires de thune et des histoire d'amour.
"Du sourire caché à la violence de jours entiers, des nuits entières", Xavier Durringer, avec les mots de tous les jours, invente un théatre résolument contemporain.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,
10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,
20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29,
30, 31, 32,
33, 34, 35, 36, 37, 38, 39,
40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49,
50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59,
60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69,
70,
71, 72, 73, 74 Le Ragondin a un égo surdimensionné.
Il adore savoir combien de personnes
viennent lire sa prose.
De plus, le Ragondin est curieux.
Il aime savoir comment ses lecteurs
sont arrivés sur son glob.
Je les ai tant aimé...
Début
Année 2004
Année 2005
Année 2006
Année 2007
Janvier
Transition, Langue de pute, K.O., Questionnaire à la con, Débandade, Honte, Absence, Traque, Période de merde, Embauche, Cabinet comptable.
Février
Dernier jours avant le boulot, Maéva, Réminiscence.
Mars
La Môme, Week end à Tours, SIDA, Cité interdite.
Avril
Grondins rouges, Cravate, Girlfriend, Z.
Mai
Braquage, Profil, Mai de l'espoir, Nicolas Sarkozy, Lettre de confirmation, Amour à la Française, Réveil, Fortune, Nuit des musées, Travian, Jean-Bastien de Chambourdel, Anesthésie.
Juin
Weather boy, Intimité, Terrain, Hydrolyse.
Juillet
Etau, Cold Case - 3.03, Déformation de l'espace temps, Costume de mariage, Michel Serrault.
Août
Petites phrases, Méthode (inédite) de régime, Métiers, Oubli, Pétasse attitude, Mannequins d'osier, Frein à main, Laura, Anniversaire, Mariage du frangin, Photos de mariage, Rouquin de 35 ans.
Septembre
Rentrée des classes, Plan à 3, Douche, Grosse chienne, Fortifiant, Paquet cadeau fiscal, Ikéa, Pigeon, Craquage, Enervement, Scènes de ménage, Eva Nazemson, Mister Blue, Tirelire, Pastiche.
Octobre
Chanson sirupeuse, Rescrit fiscal, Sexe, Lady bar, Bulletin de salaire, Mots d'amour, Invitation, Main aux fesses, Cartes d'anniversaire, RAS, Claques, Pipe, Martine, Martine (2), Martine (3), Martine (4), Place, Canada, Cycle, Pauvre dinde
Novembre
Coup de poing, Découvertes, France Gall, Liposuccion, Temps de travail, Hamster humanoïde, Omniprésence, Idiotie, Etoiles.
Décembre
Guillaume, Rumeur, Nathalie, Voyage à Bruxelles, Fabuleux, Manque, Apo, Poids, Mon Spectre, Jeu, SMS de Noël, Foutages de gueules, Foie gras, Patsy, Oublis.
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10/05/06 - 21:43
J'avais raison (deux fois la même année et à distance en plus !!)
elendir