15/09/2005Dépistage, je t'aimeAccrochée au mur de la salle d'attente, une affiche nous dit que pour faire un test de dépistage, il n'y a pas à donner son nom, juste un peu de son temps.
Je ne dois pas avoir la même conception de l'expression "un peu" que les créateurs de cette affiche.
On pourrait croire naïvement que le centre de dépistage serait ouvert quasiment en permanence, mais que nenni ! Au CHU d'Angers, il est ouvert 8h par semaine, le tout réparti en quatre tranches horaires dont la durée oscillent entre une heure et demie et trois heures.
Dans le genre pratique, je pense qu'on a vu mieux.
Alors forcément, à chaque fois il y a pas mal de monde.
On m'a dit que sur la tranche du mardi matin (11h-13h) il n'y avait pas foule. Je le conçois aisément.
Le mercredi après midi en tout cas, il y a du monde. C'est forcément ce jour là que j'ai choisir pour accompagner Cédric et en profiter pour me faire dépister au passage.
Une heure d'attente.
Il faut dire que le docteur avait une demie heure de retard...
Cédric passe avant moi. Le docteur appelle ensuite mon numéro.
Dans la petite salle, il me demande les raisons de ma venue. Je lui répond que je pense avoir eu un rapport non protégé. Il note "RNP" sur un petit papier bleu. Je suis ravi qu'il ne m'interroge pas sur le "je pense que", je me voyais mal lui expliquer pourquoi je ne peux pas dire si le rapport était protégé ou non...
Il me demande ensuite si j'ai des rapport homosexuels ou hétérosexuels. Je réponds. Il me demande si je suis le copain de Cédric. Je souris, surpris de sa question. Il a dû remarqué que nous discutions ensemble dans la salle d'attente.
Non pas du tout, lui dis je, on est juste venu ensemble, mais on n'est pas ensemble.
Bizarrement, j'apprendrai ensuite qu'il n'avait pas demandé à Cédric la nature de ses rapports. Pourquoi me l'avoir demandé à moi alors ?
La pédérastie de Cédric lui a-t-elle paru évidente ou voulait-il être sur de la mienne pour me draguer ensuite ? Les deux solutions ne me convainquent guère...
Après avoir récupéré le petit papier bleu, je me rends dans la salle voisine pour faire la prise de sang avec l'infirmière.
Souvenir de ma dernière prise de sang: surtout ne pas regarder quand elle aspire le sang !
Il me faudra revenir la semaine d'après pour savoir le résultat.
Une semaine pour réfléchir à ma réaction quand j'apprendrais ma séropositivité.
Comment vais je bien pouvoir réagir face à cette nouvelle ?
Serais je froid ?
C'est la vie, j'ai fait le con faut assumer, heureusement pour moi les traitement on fait d'énorme progrès.
Serais je bouleversé ?
C'est une catastrophe, comment vais je pouvoir supporter de vivre avec ça, ma vie est foutue.
Je pense que sur le coup je serai totalement froid et que je masquerai tant bien que mal une envie de pleurer. Par contre, je risque fort de me taper une vilaine déprime ensuite.
Le cacherai je ?
Je n'ai aucune envie qu'on regarde comme un malade, avec compassion, ou pire, comme un pestiféré à éviter.
Et puis un homo séropo, c'est un cliché dans lequel je n'ai aucune envie de tomber. Surtout par rapport à ma famille. Il est déjà suffisament dur pour ma mère d'accepter mon homosexualité sans que je lui rajoute la "honte" de ma séropositivité. Et pour elle, je penss que ce sera une honte.
C'est une maladie qu'on associe principalement au sexe, en étant pédé on a déjà tendance à ne me voir qu'à travers mon orientation sexuelle, alors je ne veux pas en rajouter.
Mais comment dissimuler une telle maladie, justifier la prise de médicament ?
En parlerai je ?
Le meilleur pour dédramatiser une situation c'est d'en parler sans gêne. Si on ne me sent pas gêné, on ne le sera pas face à moi.
Je pense que je n'en parlerai qu'à certains amis proche.
Enfin... Je n'en sais rien.
Comment vivrai je vraiment avec le sida ? Comment me comporterai-je à cette annonce ?
Non, je n'en sais vraiment rien en fait.
La semaine passe, nous sommes mercredi et Cédric passe me prendre pour aller chercher nos résultats au CHU.
Je n'ai qu'une très légère appréhension. Les dés sont jetés et il n'y a plus rien à faire de toute façon. Il est inutile de stresser.
Cette fois, le docteur est ponctuel, mais j'attends quand même plus d'une demie heure pour avoir le résultat.
Je dois ensuite rejoindre un pote, je lui ai dit que j'allais chercher le résultat de mon dépistage avant. Je m'en veux de le lui avoir dit... Je ne le connais pas assez bien pour avoir envie de lui parler de ça.
Juste avant que le docteur ne m'appelle, je vois entrer une fille avec qui j'étais en seconde. Je ne sais pas si elle m'a reconnu ou pas.
Je me rends dans la salle avec le docteur, je sens mon coeur battre un peu plus vite que d'habitude.
Je suis séronégatif.  |
| Le Ragondin est avant tout un étudiant:
"Notre béret d'étudiant fut ramené de Bologne, en juin 1888, par la délégation française d'un congrès international d'étudiants qui, jalouse de voir le chapeau façon Louis XI des étudiants Italiens et la casquette plate des étudiants Belges et Allemands, décida d'avoir une coiffe spécifique aux étudiants français.
Elle adopta le béret de velours des habitants de la région bolognaise, en souvenir du congrès qui fut, paraît-il, magnifique."
Le Ragondin a fait plusieurs années de théatre.
Il a notamment découvert un fort joli texte dont il vous livrera des morceaux choisis dans son glob:
Chroniques
des jours entiers,
des nuits entières
de Xavier Durringer
Chroniques...
ou des petits bouts de texte, des monologues, des pensées, parfois des dialogues, sans jamais tomber dans la facilité du montage.
Des confrontations pour les acteurs; des histoires de thune et des histoire d'amour.
"Du sourire caché à la violence de jours entiers, des nuits entières", Xavier Durringer, avec les mots de tous les jours, invente un théatre résolument contemporain.
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9,
10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,
20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29,
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33, 34, 35, 36, 37, 38, 39,
40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49,
50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59,
60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69,
70,
71, 72, 73, 74 Le Ragondin a un égo surdimensionné.
Il adore savoir combien de personnes
viennent lire sa prose.
De plus, le Ragondin est curieux.
Il aime savoir comment ses lecteurs
sont arrivés sur son glob.
Je les ai tant aimé...
Début
Année 2004
Année 2005
Année 2006
Année 2007
Janvier
Transition, Langue de pute, K.O., Questionnaire à la con, Débandade, Honte, Absence, Traque, Période de merde, Embauche, Cabinet comptable.
Février
Dernier jours avant le boulot, Maéva, Réminiscence.
Mars
La Môme, Week end à Tours, SIDA, Cité interdite.
Avril
Grondins rouges, Cravate, Girlfriend, Z.
Mai
Braquage, Profil, Mai de l'espoir, Nicolas Sarkozy, Lettre de confirmation, Amour à la Française, Réveil, Fortune, Nuit des musées, Travian, Jean-Bastien de Chambourdel, Anesthésie.
Juin
Weather boy, Intimité, Terrain, Hydrolyse.
Juillet
Etau, Cold Case - 3.03, Déformation de l'espace temps, Costume de mariage, Michel Serrault.
Août
Petites phrases, Méthode (inédite) de régime, Métiers, Oubli, Pétasse attitude, Mannequins d'osier, Frein à main, Laura, Anniversaire, Mariage du frangin, Photos de mariage, Rouquin de 35 ans.
Septembre
Rentrée des classes, Plan à 3, Douche, Grosse chienne, Fortifiant, Paquet cadeau fiscal, Ikéa, Pigeon, Craquage, Enervement, Scènes de ménage, Eva Nazemson, Mister Blue, Tirelire, Pastiche.
Octobre
Chanson sirupeuse, Rescrit fiscal, Sexe, Lady bar, Bulletin de salaire, Mots d'amour, Invitation, Main aux fesses, Cartes d'anniversaire, RAS, Claques, Pipe, Martine, Martine (2), Martine (3), Martine (4), Place, Canada, Cycle, Pauvre dinde
Novembre
Coup de poing, Découvertes, France Gall, Liposuccion, Temps de travail, Hamster humanoïde, Omniprésence, Idiotie, Etoiles.
Décembre
Guillaume, Rumeur, Nathalie, Voyage à Bruxelles, Fabuleux, Manque, Apo, Poids, Mon Spectre, Jeu, SMS de Noël, Foutages de gueules, Foie gras, Patsy, Oublis.
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15/09/05 - 15:23
moi qui croyais que tu étais une salope ;-)
nirvana